L’École des Femmes

« Épouser une sotte est pour n’être point sot. »
Acte 1 Scène 1

Arnolphe, riche bourgeois, n’a qu’une hantise : se marier à une femme qui le fasse cocu.
Pour remédier à cela, il a élevé à l’écart du monde et dans l’ignorance la plus totale une jeune demoiselle, de plus de vingt ans sa cadette, dans l’espoir d’en faire une épouse « modèle ».
Mais les plans de notre homme ne se déroulent pas comme prévu, et lorsque l’Amour, sous les traits d’un jeune amant, frappe le cœur d’Agnès, Arnolphe découvre à ses dépendants « que jamais, par la force, on entra dans un cœur ».
Une nouvelle fois Molière nous offre une Comédie de génie. Il parvient, comme avec tous ses chefs d’œuvres, à mettre en scène toutes les facettes de notre humanité si complexe, et à nous en faire rire ! Il nous parle ici de la place des femmes, du détournement de la religion et/ou de concepts moraux à des fins personnels, on y parle aussi d’orgueil, d’amour, de pouvoir, de mensonge, autant de thèmes et de sujets qui font de Molière notre contemporain.
Pour donner vie à ce chef d’œuvre, Nicolas Rigas nous plonge dans un univers où se mêlent le Théâtre, la Farce et l’Opéra.


Le mot du metteur en scène :

Molière a toujours marqué ma vie théâtrale et artistique. Je l’ai rencontré enfant à mes débuts sur scène, et je l’ai énormément côtoyé dans mon travail de metteur en scène. Ce qui me fascine, c’est l’immense liberté de création que nous offrent ses oeuvres tant du point de vue scénique que du point de vue de l’interprétation. Nous ressentons dans chacune de ses œuvres une réelle modernité, un regard vif sur l’Homme. Molière n’est pas une fenêtre sur le passé mais bien un philosophe de notre époque.
Nous retrouvons aussi « l’homme de Spectacle », qui associait au théâtre, la musique, le chant, la danse, la farce… L’École des Femmes me donne, une fois encore, l’opportunité d’associer toutes ces facettes du spectacle vivant qui sont autant « d’outils » que j’utilise avec joie pour mes créations.
L’École des Femmes est bien évidemment une comédie mais comme dans le Misanthrope ou Don Juan, la trame, le fil conducteur de l’intrigue est tragique : Arnolphe ne sait pas aimer, ne sait pas se faire aimer et n’est pas aimé. Et c’est ce « mélange des genres » auquel Molière se confronte qui me touche plus particulièrement.
C’est tout naturellement que j’ai associé à cette œuvre l’opéra d’Offenbach : les Contes d’Hoffmann. J’ai retrouvé chez l’Arnolphe de Molière les traits des diables d’Offenbach avec leur amour jaloux et destructeur et dans les différents personnages féminins de l’opéra (Olympia, la poupée ; Antonia, la romantique et Giulietta, la femme libérée), le parcours d’Agnès qui passe de l’innocence à la maturité.
C’est dans un élan de joie et de rires que se joue cette pièce comique qui aurait pu faire, à peu de chose près, une tragédie.